Après une année de discernement, d’échanges multiples et de validation, notre réseau LoyolaÉducation a adopté un nouveau Projet Pastoral. Le précédent datait de 2012. Depuis cette date, des évolutions importantes du contexte général de l’annonce de la foi en France se sont produites. La demande croissante de baptêmes de la part d’adultes ou de jeunes, ainsi que la demande en hausse de certains sacrements étant, à cet égard, probablement la plus récente. Par ailleurs, les récentes vagues de contrôles administratifs de la part des Rectorats ont aussi nécessité de rendre compte, d’expliquer et, souvent, de défendre la manière dont s’incarne concrètement dans nos institutions le fameux « caractère propre » de l’enseignement catholique, inscrit dans la loi Debré de 1959.
Tout cela nous bouscule mais, comme souvent, nous pouvons accueillir ces évolutions comme une belle opportunité de progresser, de nous adapter et même de nous réformer.
Alors oui : « soyons nous-mêmes » ! Sachons évoluer, innover, mieux expliquer et surtout sachons garder la vigueur et la saveur nécessaires de nos projets catholiques d’éducation pour accomplir la mission éducative qui nous est confiée par l’Eglise et les parents.
Ce nouveau Projet Pastoral du réseau Loyola- Éducation, nous situe clairement dans la veine d’une « école du dialogue » capable d’être ouverte à tous et de proposer à chacun quelque chose d’adapté en matière de croissance humaine et spirituelle. Il nous invite explorer à trois axes fondamentaux :
- Accueillir la grâce de Dieu et en vivre : une éducation du coeur par la conversion du regard
- Gagner en liberté pour faire les bons choix : un chemin de discernement
- Servir et s’engager à habiter la Création autrement : la foi en action
Pour chacun de ces axes, nous souhaitons déployer deux volets de propositions : « pour tous les élèves » et « pour les jeunes chrétiens ». Et tout cela selon une manière de procéder profondément ignatienne.
Dans un contexte parfois polémique autour de la question religieuse, il est bon de rappeler ce que le droit canon de l’Eglise catholique exprime clairement à la suite des enseignements doctrinaux du Concile Vatican II : « Il n’est jamais permis à personne d’amener quiconque par contrainte à adhérer à la foi catholique contre sa conscience » (canon 748 §2). Il est donc assez pénible de se voir parfois soupçonné par certaines autorités de manquer à ce principe du respect de la conscience, commun à la République française comme à l’Eglise catholique. Mais avançons !
Toute la difficulté réside dans le fait que la conscience morale est aussi un lieu de formation et d’éducation. Comment caractériser la conscience d’un enfant de 5 ans, celle d’un adolescent de 13 ans et celle d’un presque adulte de 17 ans ? Comment concilier les choix de conscience des parents, premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, avec l’émergence de la conscience personnelle d’un enfant ? A toutes ces interrogations, il convient de trouver des réponses pratiques et des manières de faire ajustées.
Alors décidément : non, le « caractère propre » d’un établissement n’est pas une case vide ! Il se caractérise par la proposition qualifiée que représente le Projet d’établissement, comme le rappelle le Statut de l’enseignement catholique (article 18). Il nous appartient donc de bien formuler, et de reformuler si nécessaire, ce qu’est notre projet éducatif catholique associé par contrat au service public. Là encore, « soyons nous-mêmes » ; exprimons clairement aux familles ce qui nous caractérise ; soyons à la hauteur de ce que nous écrivons et sachons fédérer autour de ces projets éducatifs des personnes aux horizons convictionnels différents.
L’enjeu de l’éducation reste de grande importance, le Pape Léon ne manque pas de le rappeler dans le texte « Dessiner de nouvelles cartes d’espérance » publié à l’occasion du 60ième anniversaire de la déclaration conciliaire sur l’éducation « Gravissimum Educationnis » : « Former la personne « intégrale » signifie éviter les compartiments étanches. La foi, lorsqu’elle est vraie, n’est pas une « matière » ajoutée, mais un souffle qui oxygène toute autre matière. Ainsi, l’éducation catholique devient levain dans la communauté humaine : elle engendre la réciprocité, surmonte le réductionnisme, ouvre à la responsabilité sociale. La tâche aujourd’hui est d’oser un humanisme intégral qui affronte les questions de notre temps sans perdre sa source. » (§6.2) Il le fait aussi dans sa dernière encyclique « Magnifica humanitas » de mai 2026 : « L’école n’est pas appelée à courir après la rapidité du monde numérique, mais à offrir ce que le numérique seul ne peut donner : du temps partagé pour apprendre et des relations de confiance » (n°147).
Cette année à la Pentecôte 2027, nous aurons la joie de vivre un rassemblement de 500 jeunes de notre réseau (élèves de 5ième et 4ième + élèves de Secondes) à Paray-le-Monial. Une occasion nouvelle de nous laisser toucher par l’amour brûlant du Sacré-Coeur de Jésus. Une dévotion ancienne que la Compagnie de Jésus a actualisé dans le très beau parcours du « Chemin du coeur », en lien avec le Réseau Mondial de Prière du Pape (voir : https://www.prieredupapefrance.net/le-chemin-du-coeur/). Ce sera un bel évènement ouvert aux jeunes chrétiens de nos établissements, mais dont nous souhaitons qu’il permette aussi de faire rayonner la charité chrétienne auprès de tous les jeunes !
« Soyons nous-mêmes », sans peur et sans étroitesse ! avec un coeur large et généreux à l’image d’une Eglise ouverte et accueillante. Nous faisons nôtre ce très bel extrait de la déclaration finale du séminaire mondial de l’éducation jésuite de Jogjakarta de 2024 : « Nous reconnaissons que la foi est une grâce qui vient de Dieu et qui se produit dans la rencontre intime entre Dieu et une personne. Notre travail consiste simplement à créer les conditions et les communautés où cette rencontre peut avoir lieu. »
A toutes et à tous, bonne rentrée 2026-2027.
Dans une même Espérance
Père Sylvain Cariou-Charton s.j.
Délégué du Provincial jésuite pour les Établissements scolaires jésuites en France


